Festival Niofar
3ème ÉDITION FRANCAISE
Organisé par la TRIBU et NGIIR GI

// PROLONGATION JUSQU’AU 1ER MARS


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TLJ sauf Lundi

Jusqu’au 1er mars.

EXPOSITION
20

Exposition

> MÉDIATHÈQUE FRANCOISE SAGAN

« L’HISTOIRE DES PRESENCES ARABO-ORIENTALES EN FRANCE ».

// 13H-18H

La France arabo-orientale est une longue histoire. Elle commence au VIIIe siècle au moment des conquêtes arabo-musulmanes venant d’al-Andalus, de l’autre côté des Pyrénées, et traverse ensuite plus de treize siècles d’histoire de France, à travers les présences de populations maghrébines, proche-orientales et ottomanes dans l’Hexagone. Celles-ci ont contribué à bâtir l’histoire politique, culturelle, militaire, religieuse, artistique et économique de ce pays, de l’empire carolingien de Charlemagne à la Ve République. Cette exposition en fait pas à pas le récit. Les deux premières étapes et panneaux s’attachent aux présences anciennes, sur près de dix siècles, aboutissant à deux moments charnières que sont la Révolution française (1789) et l’expédition d’Égypte de Napoléon Bonaparte (1798). Commence alors à se dessiner un nouvel empire colonial français sur les berges de la Méditerranée dont le pivot central sera l’Algérie à partir de 1830. Dans le même temps, alors que la France se passionne pour l’égyptologie et l’Orient, arrivent des étudiants et des intellectuels, mais aussi les premiers combattants, surnommés les « Turcos » (à partir de 1863 de façon permanente dans l’Hexagone), et les premiers travailleurs maghrébins (entre 1894 et 1906).

Avec la Première Guerre mondiale et les années 20, on entre dans une nouvelle dynamique où ces présences sont plus visibles. Alors que la crise économique est mondiale et que les crises politiques frappent l’Europe, les années 30 voient émerger une nouvelle génération d’intellectuels ainsi que de nouvelles immigrations issues d’Arménie et de toute l’Afrique du Nord (avec le Maroc et la Tunisie). L’histoire militaire est de nouveau un moment charnière et, durant la Seconde Guerre mondiale, les troupes maghrébines contribuent à libérer la France et nombre de travailleurs participent dans les années 50-60 à la reconstruction du pays. L’immigration de ponctuelle et masculine devient régulière, stable et familiale. Les indépendances préfigurent une croissance des flux migratoires qu’accompagnent des mutations urbaines marquées par l’émergence des « grands ensembles ».

Au cours des trois dernières décennies (1983-2013) émergent de nouvelles revendications parallèlement aux luttes antiracistes, dont la « Marche » de 1983 reste un moment majeur et fondateur. Les émeutes de 2005 et les nombreux crimes racistes sont le signe d’une exclusion qui perdure. Dans le même temps, la société va réduire ces présences à celle du « musulman », présenté comme un « ennemi de l’intérieur », alors même que la France est le pays européen qui a la plus forte présence arabo-orientale, un taux de mariages entre communautés sans équivalent ailleurs et une dynamique culturelle sans égale en Europe. Être « arabo-oriental » en France, quel que soit le pays, l’empire, la culture ou la colonie d’origine, quelle que soit sa religion, c’est s’inscrire dans un récit peuplé de héros et d’anonymes, de lieux de mémoire, de mythes, de combats, de violences, de rêves et d’échecs. C’est aussi vivre dans ces identités multiples qui font désormais partie intégrante de la France du XXIe siècle malgré les crises, malgré les doutes, malgré les difficultés.

Exposition coordonnée par le Groupe de recherche Achac (www.achac.com), avec Pangée Network, le Laboratoire URMIS (Unité de recherche Migrations et société) de l’université de Nice Sophia Antipolis, et l’ANR ÉcrIn, Écrans et Inégalités « Les Arabes » dans les médias français de 1962 à nos jours ; réalisée avec le soutien du ministère de l’Égalité des territoires et du Logement, ministère délégué à la Ville, de l’Agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé), du ministère de l’Intérieur, Direction de l’Accueil, de l’intégration et de la citoyenneté (DAIC), du ministère de la Défense, Direction de la Mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA), de l’Office national des Anciens combattants et victimes de guerre (ONAC), du ministère de la Culture et de la Communication (Secrétariat général), de la Mairie de Paris, Délégation des droits de l’Homme, de l’intégration, de la lutte contre les discriminations et des citoyens extracommunautaires ; en partenariat avec France 24, France Culture et Le Nouvel Observateur. Exposition coordonnée par Emmanuelle Collignon, avec des textes de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Naïma Yahi et Yvan Gastaut, iconographie, documentation et rédaction Yacine Hamoud et création graphique Thierry Palau.