EDITO

Festival décolonial des arts visuels et performatifs
Conférence, rencontre littéraire, cinéma-débat, performance, photo, vidéo.

Thème : LE GENRE

Pour sa sixième édition le Festival Nio Far va se pencher sur la question du Genre. Question que d’aucuns tendraient à analyser comme une problématique européo centrée bien éloignée des thèmes abordés jusqu’alors par le festival. Bien au contraire, il nous faut bousculer « L’hétéro patriarcat cisgenre » qui se pose comme référence universelle . En effet, les « ambiguïtés » du genre la complexité des constructions des individus et de leur sexualité concerne tous les continents et à bien y regarder, le genre était déjà pensé et ritualisé dans les sociétés antécoloniales.

L’Occident colonialiste Chrétien, l’Islam et les religions monothéistes sont arrivés avec leur assurance sur ce qui était juste, convenable autorisé. Il est urgent de réfléchir à l’identité genrée en Europe, Afrique, en Asie, en Océanie, sur le continent américain… à une identité proprement queer dans les anciennes colonies qui ne serait nullement « une importation des vices occidentaux ». Cette question peut, doit être pesée, pensée par tous avec lucidité et bien sûr traitée par les artistes dans la perspective d’un art contemporain à décoloniser.

Nous ne laisserons pas la question du genre dans un ghetto scientifique et la replongerons dans les rapports de classe de sexe et de race en nous inspirant de la pensée et de la réflexion de Kimberlé Crenshaw sur l’intersectionnalité. Ce concept permet de penser le rapport étroit entre race et genre dans le domaine de la discrimination. Il consiste à : « mettre en lumière les différents biais par lesquels les individus souffrent des oppressions racistes et sexistes, afin de faciliter la discussion et la compréhension de ces problèmes. » écrit-elle dans le Washington Post.*

C’est donc cette optique que nous adopterons, une démarche intersectionnelle ou plutôt une convergence des luttes de toutes celles et tous ceux qui veulent combattre les oppressions systémiques : racisme sexisme lgbt phobie etc. Il faut considérer l’intersectionnalité comme un outil méthodologique et non pas comme une étiquette dogmatique. Le concept d’intersectionnalité dépasse le simple cas des Afro-américaines qui sont à son origine et permet une avancée dans la lutte contre les oppressions systémiques.

Il faut rappeler les limites et les dangers de l’apostrophe « La parole aux concernés » Il existe une différence entre identité et perspective d’analyse. Quelle que soit son identité chacun est légitime à se réclamer d’une analyse intersectionnelle à condition d’être conscient de ses privilèges Chacun parle donc d’un point de vue situé selon Nancy Hartsock Nous sommes cependant conscients que certains, plus privilégiés sont davantage audibles et le Festival Nio Far se propose de solliciter la parole des plus discriminés, des plus invisibles.

Par le biais de : Conférences, expositions installations et performances, ensemble, c’est la signification de Nio Far en Wolof, nous nous interrogerons sur l’éclairage apporté sur ces questions par les sociétés pré coloniales, sur la complexité et la diversité des approches « ici et là-bas »

* « L’intersectionnalité est une sensibilité analytique, une façon de penser l’identité et sa relation au pouvoir. D’abord conceptualisé pour le besoin des femmes noires, ce terme a mis en lumière l’invisibilité de nombreuses personnes au sein de groupes qui les présentent comme leurs membres, mais échouent souvent à les représenter. Les effacements intersectionnels ne sont pas l’apanage des femmes noires. Les racisé·e·s au sein des mouvement LGBTQ+ ; […] les femmes au sein des mouvements d’immigration ; les femmes trans au sein des mouvements féministes ; et les personnes non valides qui combattent les dérives policières – tou·te·s font face à des vulnérabilités qui reflètent les intersections entre le racisme, le sexisme, le classisme, la transphobie, le validisme, etc. » (Kimberlé Crenshaw, Wahsington Post).

 

 

Decolonial Festival of visual arts

Conferences, talks, visual arts, cinematography, performances
1st – 8th of June 2019
Theme: Gender identity

Ambassador: Françoise Vergès

The 6th edition of NIO FAR Decolonial Festival of arts is dedicated to gender identity–related questions. Far from the themes formerly explored in the first 5th editions of the Festival, gender is usually approached through the eye of the western world. Our mission is to shatter the heterosexual-patriarcal-cisgender mentality that stands as a universal reference.

Indeed, gender fluidity, the complexity and diversity of each individual development, concern every continents. Reflections and rituals related to gender identity already existed in pre-colonial societies. Monotheist religions, and the world-spread western colonization compelled the world to abide to their moral compass, dictating what was right and appropriate.

The questions of gender identity must be reflected upon urgently, and everywhere. Our focus at NIO FAR Decolonial Festival of arts, is to give a voice to artists struggling against the inheritance of former-colonized societies, where a proper queer identity should be considered, while nearly non-existent today. For instance, in Africa it is common, nowadays, to hear that gender fluidity is a vice imported from the western world.

We will not restrain our considerations to a purely scientific approach. Instead, inspired by Kimberlé Crenshaw’s work on intersectionality, the gender identity will be explored through social classes, sexuality and race. The concept of intersectionality in K. Crenshaw’s view, correlates both race and gender-based discriminations to one another. She writes in the Washington Post*

We’ll use intersectionality as a tool, a method to struggle against systemic oppressions: racism, sexism, homophobia, transphobia, beyond the African-American context where it was initially born. Through conferences, talks, exhibitions, installations, performances and visual arts, we, at NIO FAR Decolonial Festival of arts, question how gender identities were addressed in pre-colonial societies and what can the world learn from it.

« L’intersectionnalité est une sensibilité analytique, une façon de penser l’identité et sa relation au pouvoir. D’abord conceptualisé pour le besoin des femmes noires, ce terme a mis en lumière l’invisibilité de nombreuses personnes au sein de groupes qui les présentent comme leurs membres, mais échouent souvent à les représenter. Les effacements intersectionnels ne sont pas l’apanage des femmes noires. Les racisé·e·s au sein des mouvement LGBTQ+ ; […] les femmes au sein des mouvements d’immigration ; les femmes trans au sein des mouvements féministes ; et les personnes non valides qui combattent les dérives policières – tou·te·s font face à des vulnérabilités qui reflètent les intersections entre le racisme, le sexisme, le classisme, la transphobie, le validisme, etc. » (Kimberlé Crenshaw, Wahsington Post).

 

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