EDITO

Le Festival Nio Far est un festival nomade et solidaire, un espace d’ouverture, de rencontres, d’information et de débats, un îlot d’échanges et de découvertes artistiques, culturelles et intellectuelles ouvert à tous. Le Festival Nio Far a  pour objectif de questionner la citoyenneté à travers l’histoire coloniale. Le but étant de déconstruire les préjugés tissés tout au long de l’histoire et surtout « décoloniser » l’esprit et les imaginaires.

Le Festival Nio Far se veut également un festival solidaire. L’ensemble des recettes récoltées pendant le festival sera  reversé sur le projet au Sénégal : la construction  d’une Maison des Artistes à Mboro.  Un lieu pluridisciplinaire qui  accueillera aussi bien des artistes africains qu’étrangers.

Depuis plus de 10 ans, La Tribu ( en France) et  Ngiir Ngi ( au Sénégal) s’impliquent au quotidien auprès des jeunes et des moins jeunes en France et au Sénégal autour de la citoyenneté et du « vivre ensemble ». En fédérant autour de projets artistiques et pédagogiques, La Tribu et Ngiir Ngi  invitent à s’interroger sur l’impact de l’histoire coloniale, notre histoire commune : mieux comprendre notre passé pour mieux comprendre notre société contemporaine. Cela prend la forme d’une mise en perspective entre hier et aujourd’hui.

La France est en contact avec des peuples et des cultures d’Afrique, d’Asie et des Amériques. La longue histoire de la colonisation a profondément affecté ses arts, sa vie sociale et culturelle et ses politiques. La fin des empires coloniaux n’a pas mis un terme à ces échanges. Les migrations, les philosophies, les économies, les politiques, les circulations d’idées, les cultures,  font de la France un pays où les processus de « métissages culturels » s’accélèrent.

 

// POURQUOI NIO FAR

Le Festival Nio Far questionne : « la citoyenneté à travers l’histoire coloniale. »

La seule évocation du thème provoque de nombreuses crispations:  « Encore l’esclavage !…

Pourquoi cette obsession de la colonisation…

Mais c’est du passé…

Qu’as-tu besoin de ressasser…

Posture victimaire…

Marre de la culpabilisation… laissez les morts enterrer les morts

Mais que cache cette frénésie d’oubli ?

Notre société est-elle si peu parfaite qu’elle craigne de regarder le passé en face ?

Faut-il feindre l’harmonie parfaite alors que nos systèmes continuent à générer:
inégalité, injustice, et que malgré les leçons de l’histoire on continue à pointer du doigt les boucs émissaires ?

N’oublions pas la leçon des humanistes : le savoir est une arme contre la barbarie. « Le sommeil de la Raison fait naître les monstres »

Pourquoi vouloir occulter le long processus, souvent douloureux de l’Histoire qui permet d’expliquer le monde tel qu’il est ?

Pourquoi nier que la vérité de l’Histoire, c’est tenir compte des histoires et des différentes perspectives et qu’il est temps, ensemble, d’en découvrir de nouvelles. Afin de vivre dans une cité apaisée, il faut que chacun puisse s’y reconnaître. Aussi notre festival se propose-il d’envisager l’histoire et le monde dans lequel nous vivons.

Le Festival Nio Far se veut en effet un lieu d’information et de débat, un espace d’ouvertures et de rencontres, un îlot d’échanges et de découvertes artistiques, culturelles et intellectuelles.

Il ne s’agit pas de faire de ce festival un vase clos mais au contraire un espace fédérateur et universel car « l’histoire de la France et de ses colonies », comme l’affirme Pascal Blanchard, «
est une histoire collective que tous doivent connaître afin de mieux construire la citoyenneté ».

Avancer et construire ensemble? Oui mais sans oublier le passé. Connaître l’histoire de toutes les composantes de la société et les valoriser.
Que nous apprennent nos histoires?
Comment nous permettent-elles de progresser ?
Voilà le questionnement du Festival Nio Far.