// LES INTERVENANTS

Coline Serreau
Fille du metteur en scène de théâtre Jean-Marie Serreau et de l’écrivain Geneviève Serreau, c’est tout naturellement que Coline se tourne vers l’Art dès son bac en poche. Elle entreprend des études de Lettre, étudie l’orgue et la musicologie au Conservatoire l’orgue mais aussi le trapèze à l’école du cirque et la danse. La jeune femme se veut une artiste complète. Elle finit par se tourner vers l’Art dramatique. Elle intègre ainsi l’école de la rue Blanche et devient stagiaire à la Comédie Française. Elle joue pour la première fois sur scène en 1970 au théâtre du Vieux Colombier où elle fréquente Coluche et Patrick Dewaere. Elle signe son premier scénario en 1973 pour le film On S’Est Trompé D’Histoire D’Amour de Jean-Louis Bertucelli. Elle passe ensuite à la réalisation avec le court-métrage Rendez-vous, destiné à la télévision. 

Le succès
En 1975, vient la consécration lorsque son premier long Mais Qu’Est-ce Qu’Elles Veulent ? est présenté à Cannes. Il s’y fait une solide réputation de femme engagée et citoyenne. Après Qu’Est-ce Qu’On Attend Pour Être Aimé ?, Coline Serreau obtient une renommée mondiale en 1985 avec le succès du désormais mythique Trois Hommes Et Un Couffin dans lequel un trio d’hommes en mal de paternité est confronté à l’ère de la femme et de la parité. Elle signe par la suite Romuald Et Juliette, l’histoire d’amour improbable d’un PDG et de sa femme de ménage noire. Coline Serreau renoue avec le succès grâce au film La Crise qui dépeint la société actuelle et tous ses soucis : le chômage, le divorce, l’éclatement de la famille. Pour la première fois, en 1996, Coline se met elle-même en image avec La Belle Verte. La réalisatrice dénonce cette fois-ci les désastres environnementaux dans lesquels nous vivons. Cinq ans plus tard, elle signe le magnifique Chaos, filmé entièrement en DV, et fait découvrir au public une formidable actrice venue de la Comédie française : Rachida Brakni, qui obtient pour ce rôle, le césar du meilleur espoir féminin en 2003. Le film dépeint la condition de la femme à notre époque en mettant en lien deux histoires fortes de femmes qui veulent se sortir de leur condition. L’une est bourgeoise, l’autre est maghrébine et ensembles elles vont affronter leur vies en face. Toujours en 2003 et en DV, la réalisatrice française renoue avec son trio magique Boujenah-Dussolier-Giraud avec le film 18 Ans Après, la suite de Trois Hommes Et Un Couffin. En 2005, Coline Serreau continue dans le comique avec le film choral Saint Jacques… La Mecque où elle met en scène Muriel Robin, Pascal Légitimus et Artus de Penguern.

En 2010, elle renoue avec le documentaire dans 
Solutions Locales Pour Un Désordre Global. Quatre ans plus tard, elle revient avec le documentaire Tout Est Permis qui montre l’envers du décor des stages de récupération de points dans les auto-écoles.

 

 

 

Lamine Mbiaye
Président de l’Association Sénégalaise de Producteurs de Semences Paysannes
Le constat de la situation au Sénégal est assez avancée. Officiellement on ne parle pas d’OGM, mais beaucoup d’aliments consommés au Sénégal sont issus des OGM, et proviennent d’Amérique Latine surtout, du Brésil, comme le maïs, le soja. Par-rapport à la politique globale de la sous-région il est aujourd’hui connu que dans les pays voisins, la culture programmée par des états comme le Burkina-Faso, il y a des poches aujourd’hui critiquées, plus proches des traditions. On s’organise, comme avec mon association, pour sensibiliser l’opinion et contre-attaquer. D’ailleurs c’est ce qui a poussé l’ASPSP des années 92, à mettre en place un comité producteur de semences paysannes, qui se rencontre trois fois dans l’année pour arriver à faire l’auto-police. Avec Enda Pronat, notre partenaire, en 2003 nous avons rencontré les chercheurs de la sous-région et avons pris connaissance de leur projet sur la nouvelle loi d’orientation. Dans la sous-région, cela a fait qu’on parle d’une politique commune de production de semences paysannes, ou une politique commune de semences dites certifiées. Dans une campagne sur deux,  au Sénégal, la couverture en semences certifiées est de 15%. Les semences certifiées rentrent dans une démarche de monopole, car une année sur deux elle ne produit pas, ce qui oblige à racheter de semences.
On peut trouver des graines potagères paysannes dans des structures comme la nôtre, au centre à Bayar. Le magasin est disponible. Il y a des personnes déjà formées dans la production et la conservation.
Le principe de produire une semence paysanne est dans un principe agro-écologique pur et dur. Pour la production, c’est autre chose. Les membres de l’ASPSP sont tenus d’obéir à des critères réglementaires. Nous travaillons sur l’amendement organique, avec des résidus ou des plantes fertilitaires. Il faudra travailler localement et globalement. On peut faire importer des espèces mais le mieux est de faire des recherches localement, voir s’il n’y a pas de espèces  à reproduire et échanger. Nous travaillons dans les deux schémas de semences dédiées à la consommation et des espèces forestières pour mettre a disposition des fermes des espèces endogènes.
Chaque graine à une technique propre de production, des outils, propres à chaque communauté. Nos états sont dans un goulot d’étranglement. Ils n’ont pas les moyens de leurs ambitions politiques, ni pour faire les recherches  Ce sont surtout les américains et l’Occident qui dictent ces lois-là. Les chercheurs quittent le continent. Il y a une question fondamentale qu’on n’arrive pas à voir en face. Les OGM ont crée un impact très fort sur la politique de nos états. Toutes les stations de recherche manquent de personnel.

 

 

 

fvergesFrançoise Vergès
Françoise Vergès a créé la Chaire « Global South(s) » au Collège d’études mondiales, Fondation Maison des sciences de l’homme, Paris où elle organise des workshops et des conférences autour des thèmes de l’esclavage, du racisme, et de la représentation décoloniale.
Réunionnaise, elle arrive en France au début des années 1970 où elle exerce comme journaliste et éditrice dans le mouvement féministe en France. Elle s’installe aux Etats-Unis en 1983. Elle obtient une double licence « summa cum laude » en Science Politique et Études féminines à San Diego, puis un doctorat en Science Politique à l’Université de Berkeley, Californie (1995) sous le titre « Monsters and Revolutionaries ».
Colonial Family Romance est publiée par Duke University Press (1999).
Depuis, elle a enseigné à Sussex University et au Goldsmiths College en Angleterre. Membre du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage en 2004 (Loi « Taubira » de 2001), elle en a été
présidente de 2009 à 2012. Entre 2007 et 2010, elle a travaillé à un projet de musée à portée postcoloniale pour le XXIe siècle. Elle a publié de nombreux ouvrages et articles en français et en anglais sur les mémoires de l’esclavage, la psychiatrie coloniale, Frantz Fanon, Aimé Césaire, l’économie de prédation et la globalisation, le musée postcolonial, et les processus de créolisation dans les mondes de l’Océan indien.
Parmi ses dernières publications : Exposer l’esclavage : méthodologies et pratiques. Paris : Africultures, 2013 ; L’Homme prédateur. Ce que nous enseigne l’esclavage sur notre temps, Paris : Albin Michel, 2011.
Françoise Vergès est aussi l’auteur de films, « Aimé Césaire face aux révoltes du monde » (2013) et « Maryse Condé. Une voix singulière » (2011) et a été consultante sur plusieurs films. Commissaire indépendante, elle a notamment organisé au musée du Louvre les visites  « L’esclave au Louvre : une humanité invisible » en 2013 et les expositions « Dix femmes puissantes » (2013) et « Haïti, effroi des oppresseurs, espoir des opprimés » (2014) pour le Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes.
Françoi
se Vergès reste une militante de l’antiracisme politique et du féminisme décolonial. Elle est membre de la MAFED et présidente de l’association « Décoloniser les arts ».

 

 

Ousmane-William-MbayeOusmane William Mbaye , réalisateur sénégalais,  a étudié le cinéma à Paris et notamment à l’Université Paris VIII Vincennes, bouillon de culture des années 70.
De retour à Dakar, il  démarre comme assistant réalisateur de Ousmane Sembene dans « Ceddo »,  puis de Ben Diogaye Beye dans « Les princes de Saint Germain des prés », et du documentaliste Samba Felix Ndiaye dans « Dakar-Bamako ».
A partir de 1979, il produit et réalise son premier court-métrage «L’Enfant de Ngatch», qui remporte le Tanit de Bronze aux Journées Cinématographiques de Carthage. Il enchaine avec une série de courts métrages entre fiction et documentaire  « Pain Sec », « Dakar-clando », « Fresque », « Dial Diali »
Cinéaste engagé, il fonde et coordonne entre 1990 à 1997 les Rencontres Cinématographiques de Dakar, RECIDAK.
A partir des années 2000,  il s’oriente résolument vers le documentaire avec la complicité de Laurence Attali au montage et à la production.  Il  réalise alors des portraits qui réveillent la mémoire culturelle et politique du Sénégal :  « Xalima la plume », « Fer & Verre,  « Mere-Bi, la mère », «Président Dia» , remportent tous de nombreux succès.   Dernièrement « KEMTIYU, Séex Anta » retrace la vie et l’œuvre du savant et homme politique sénégalais Cheikh Anta Diop.

 

 

 

laurence attaliLaurence Attali
Elle étudie la philosophie et le cinéma à Paris Sorbonne, et le théâtre à la faculté de Vincennes, puis se tourne vite vers le montage.
Elle devient chef monteuse en 1981, travaille pour le cinéma  et la télévision, la fiction et le documentaire,et parallèlement enseigne son métier  l’Institut  National de l’Audiovisuel en France, et à travers le monde.
Elle passe à la réalisation en 1991, avec  la série « La petite minute de bonheur ». Envoyée au Sénégal pour une expertise montage en 93,  elle y revient pour réaliser son premier documentaire « Mourtala Diop voyageur de l’art ».
Elle fonde alors la société AUTOPRODUCTION et commence des allers-­‐retours incessants entre Paris et  Dakar où elle réalise et produit la plupart de ses films: « Sénégalais Sénégalaise », « Regarde Amet »,  « Petit Pays », « Moustapha Dimé »,  La Trilogie des Amours: « Même le vent »,  « Baobab »
« Le Déchaussé » , puis « Le temps d’un film ».
Ses films ont été sélectionnés dans de nombreux festivals  dont Venise, Locarno, San Sebastian, New York, Rotterdam … et le Fespaco.
Ils ont obtenu  plusieurs prix . La Trilogie des Amours fai partie de la Collection privée du Museum of Moder Art  de New York (MoMA). Elle obtient la nationalité sénégalaise en 2004.

Depuis les années 2000, elle  monte et produit tous les documentaires de Ousmane William Mbaye (« Xalima La plume », « Fer &  Verre », « Mere-­‐bi », « Président Dia », « Kemtiyu, Cheikh Anta »).

 

 

Seydou Nourou Ndiaye
est un militant pour le développement des langues africaines.
Il est le directeur  fondateur des Editions Papyrus Afrique. Il est également le Directeur de publication du journal wolof-pulaar Lasli/Njëlbéen depuis Mars 1998.
Auteur de plusieurs ouvrages, entre autres : Contes wolof ou la vie rêvée, coécrit avec Lilyan KESTELOOT ; et Mbaggu leñol un recueil de poèmes  en pulaar, publié en 1993 par l’Ifan- Cheikh Anta Diop.
Il est membre fondateur de l’Union des Écrivains Sénégalais en langues nationales, ainsi que de l’Association Sénégalaise les Éditeurs.
Seydou Nourou Ndiaye á été élevé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres de la République du Sénégal en mai 2003.

 

Aboubacry Moussa Lam
– Membre fondateur de la Revue d’Egyptologie et des Civilisations Africaines Ankh en 1992.
– Curateur aux thèses de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’UCAD de 1994 à 1996,
– Président de la Commission de recherche de la FLSH depuis 1995,
– Directeur de la formation doctorale Histoire et inventions culturelles depuis 2008
– Représentant de l’UCAD au C.T.S. Lettres et Sciences Humaines du CAMES depuis 1996.
– Initiateur de la création d’un institut d’égyptologie à l’UCAD (texte organique adopté par l’Assemblée de l’université en avril 2009).
DISTINCTIONS
– Chevalier de l’Ordre National des Arts et Lettres (contingents 2000-2003)
– Officier de l’Ordre National du Lion (Décret n° 2007-387 du 12 mars 2007).
Commandeur de l’Ordre National du Lion (Décret n°2013-358 du 25 mars 2013)
PUBLICATIONS
Livres
1. La fièvre de la terre, Paris, l’Harmattan, 1991, 191 p. (roman)
2. De l’origine Egyptienne des Peuls, Paris, Présence Africaine, 1993, 464 p.
3. Le Sahara ou la Vallée du Nil ? Aperçu sur la problématique du berceau de l’unité culturelle de l’Afrique Noire, Dakar, IFAN/Khepera, 1994,104 p.
4. Les Chemins du Nil. Les relations entre l’Egypte ancienne et l’Afrique Noire, Paris, Présence Africaine/Khepera, 1997, 223 p.
5. Hiéroglyphes dès le berceau / Hieroglyphics for babies, Popenguine, Per Ankh, 1997, 32p. (écrit avec Ayi Kwei Armah).
6. Le Triomphe de Maât, Popanguine, Per Ankh, 2000, 156 p. (roman).
7. L’affaire des momies royales, Paris Présence Africaine, 2000, 160 p.
8. Paalel njuumri, Dakar, Editions-Papyrus, 2000, 220 p. (livre en langue pulaar).
9. L’unité culturelle égypto-africaine à travers les formes et les fonctions de l’appui-tête, Presses Universitaires de Dakar, 2003, 374 p.
10- Sawru Ganndal, Dakar, Editions Papyrus, 2005, 205 p. (livre en langue pulaar).
11. La vallée du Nil berceau de l’unité culturelle de l’Afrique noire, Paris, Khepera/Presses Universitaires de Dakar, 2006, 120 p.
12. Fulɓe : gila Héli-e-Yooyo haa Fuuta-Tooro, Dakar, Presses Universitaires de Dakar/Editions Papyrus Afrique, 20012 (livre en langue pulaar).